La photographie est un outil capable de sédimenter le temps ainsi que de le matérialiser.


De l’argentique au numérique, des instantanés aux images construites, grâce à mes gestes effectués sur la photographie à la prise de vue ou après l’impression (dessin, peinture..), c’est la notion de « mémoire ancestrale », le sensible, le Temps, le non-visible, la Nature et le rapport de l’humain au paysage qui sont au cœur de mes interrogations.


J’entretiens une fascination particulière pour tout ce qui a trait au non-visible du domaine de l’impalpable tout en restant connectée « au centre » des interrogations de notre société.
Rendre visible devient alors un travail où les couches de sens gagnent à se superposer, où les juxtapositions de multiples strates creusent paradoxalement l’image pour y trouver un espace qui tendrait à montrer l’essentiel de celle-ci.


Cela passe par un temps lent d’élaborations, de fabrications qui me permettent d’interroger le monde qui m’entoure et moi-même.
La transformation du regard en gestes et en langages plastiques est défini par une volonté de circonscrire une histoire au préalable et par un protocole d’actions.


La photographie que je recherche a une épaisseur invisible et pourtant palpable de ma propre réalité, une matière comme fragment de mémoire.

C’est cette fabrication qui me permet d’interroger le monde qui m’entoure et moi-même

 

 

 

 

 

 

Photography is a tool capable of sedimenting time as well as materializing it.

From film to digital, from snapshots to constructed images, thanks to my gestures made on the photograph at the shooting or after printing (drawing, painting...), it is the notion of "ancestral memory", the sensitive, Time, the non-visible, Nature and the relationship of the human to the landscape that are at the heart of my questions.

I have a particular fascination for all that relates to the non-visible of the impalpable while remaining connected "at the center" of the questions of our society.
Making visible then becomes a work where layers of meaning gain from being superimposed, where the juxtaposition of multiple layers paradoxically digs into the image to find a space that would tend to show its essence.

This goes through a slow time of elaborations, of fabrications that allow me to question the world around me and myself.
The transformation of the gaze into gestures and plastic languages is defined by a will to circumscribe a story beforehand and by a protocol of actions.

The photography I am looking for has an invisible yet palpable thickness of my own reality, a matter as a fragment of memory.
It is this fabrication that allows me to question the world around me and myself.



 





 

©Gaëlle Abravanel - 2020