La photographique est un outil capable de sédimenter le temps ainsi que de le matérialiser. De l’argentique au numérique, des instantanés aux images construites, grâce à mes gestes effectuées sur le photo (stipulés en sous-titre de la photographie), la notion de « mémoire ancestrale » est au cœur de mes interrogations. J’entretiens une fascination particulière pour tout ce qui a trait à l’inconnu et au non-visible du domaine de l’impalpable et être au centre des interrogations de notre société.


Pour cela j’utilise la notion de hors-champs, de l’entre-deux à la limite du perceptible, en mélangeant différentes vues. Ce sont des fabrications qui me permettent d’interroger le monde et moi même. Rendre visible devient alors un travail où les couches de sens gagnent à se superposer, où les juxtapositions de multiples strates creusent paradoxalement l’image pour y trouver un espace qui tendrait à rendre visible l’essentiel de celle-ci. Cela passe par un temps lent d’élaboration, par la transformation du regard en gestes et en langages plastique en ayant défini au préalable un protocole, une distance possible, un moyen, une solution. J’acte un processus de fabrication qui peut aller de la destruction, de l’altération de l’image jusqu’à la matérialisation d’une nouvelle image intégrant dessin, peinture… Cette photographie a une épaisseur invisible et pourtant palpable de ma propre réalité, une matière comme fragment de mémoire.


Portrait des Encombrants collecte les portraits des différents objets et assemblages de sacs et de bois (…) pour former les familles de surconsommation de notre société.
Demander Pardon aux Oiseaux trace le désastre écologique en utilisant les polluants des terres photographiées après impression sur papier.
Nouvelles Frontières réfléchit à la notion de la symbolique du Cercle, de l’Unité pour définir le symbole d’une nouvelle société ayant conscience que le vivant doit être au centre de ses attentions.
Ligne de Faille trace le portrait des femmes au sein de ma généalogie et en particulier celle de ma grand-mère, de ma mère et renseigne sur ma relation fille-mère. L’étude scientifique menait sur des souris a révélé que le traumatisme véhiculé par les gènes de la mère affectait les filles et les petites filles.
Et en cours, La Chamane née d’une volonté de donner une visibilité à la notion de force féminine en lien avec la nature comme étant une force magnétique en connexion avec Gaïa, la Terre-Mère, levier nécessaire pour établir une nouvelle société durable.



 

©Gaëlle Abravanel - 2020